Déesse

J’ai eu envie de grand, très grand, bien plus grand que tout ce que j’ai réalisé jusque-là. Il est vrai que je m’applique à proposer à l’atelier toute une gamme de créations à des prix et donc des tailles variées, selon les coups de cœur et les budgets de chacun… mais aussi selon mes envies. Et là j’ai eu envie de GRAND !

Déesse – sculpture modelée en pâte à bois peinte à l’acrylique et cirée – 116 x 30 x 38 cm – Milie 2023
cette grande peau de mouton toute douce a été achetée au marché de Saint-Girons

Cet animal mesure 1m16 de long, c’est la plus grande pièce d’un seul tenant que je n’ai jamais réalisée, une sorte de défi technique. Défi relevé ! Et avec GRAND plaisir. En effet, créer un grand format n’a rien à voir avec le miniature des cuillères à soupe que je réalise régulièrement. C’est bête à écrire mais dans la réalité du geste il m’a fallu réinventer, faire autrement, trouver des solutions techniques. La structure a été étudiée à partir d’un projet petit format numérisé en 3D (merci mon Denis) ce qui m’a permis de multiplier par 5 les dimensions en ayant des repères de volumes. Pour l’ossature, j’ai pris comme base une planche sur laquelle j’ai fixé les tiges en aluminium. J’ai ensuite recouvert l’ensemble de papier journal pour finalement travailler le modelage en enveloppe. Mon animal géant a pris forme, progressivement. La pâte à bois a séché tranquillement, je l’ai ensuite poncée puis peinte. La phase de peinture a été un moment de fulgurance ! Rien à voir avec mes tous petits pinceaux trois poils pour peindre mes miniatures, non, j’ai sorti les grosses brosses et les premiers glacis ont été intenses dans le geste : je me suis régalée. Les effets de transparences posés en surface, j’ai petit à petit précisé certaines zones en décidant d’apposer des fleurs sur chaque flanc, mais avec un effet doux et fondu. J’ai finalement ciré le volume peint.

J’ai travaillé en alternance à l’atelier ou chez moi, Louloute a fait plusieurs fois le trajet
à l’arrière de la voiture, sagement,
sans bouger la tête comme un petit chien.
le prototype petit format est visible sur la sellette à l’arrière, 5 fois plus petit

L’effet de douceur, de tendresse était recherché, voulu. Pour le reste, je me suis laissée guider par ma Déesse. C’est elle qui a décidé de pas mal de choses finalement.

Tout le long de sa création, je me suis interrogée sur le petit nom que je lui donnerai. Je me suis aperçue au fil des retours de différents visiteurs de l’atelier que chacun y voyait des animaux différents, cet animal est hybride. Moi, j’aime bien laisser le spectateur s’approprier une pièce, l’interpréter à sa convenance selon son vécu et ses références. D’où l’importance d’un nom qui me plaise, bien sûr, mais qui ne ferme pas le champ des interprétations. Et je peux vous dire que chacun y est allé de bon cœur à tenter de savoir ce que je faisais là. Elle aurait pu s’appeler Fleur, Hortense, Loulou, Lulu (femme nue), Cocotte, Odalie, Olympia, Ostara, La Dame de l’Aube… J’ai tout simplement choisi Déesse.

en novembre, Déesse était installée de tout son long dans la vitrine de l’atelier

Et maintenant, Déesse se prélasse dans une autre vitrine – pas très très loin – celle de La Maison de la Citoyenneté dans le cadre de l’exposition des Artistes et Artisans d’Art de Saint-Girons, à voir jusqu’au 5 janvier.

Allez lui rendre une petite visite !

Et vous, que vous inspire-t-elle ?

2 réflexions au sujet de « Déesse »

  1. Déesse, excellent <3
    Si un autre lapin voit le jour, dans la même pause, on pourra le baptisé "le Pacha"
    D'ailleurs, c'est pas faux, c'est un lapin 😉

    1. Merci pour ce bon mot Bilou. En parlant de chat, le nôtre a été rebaptisé “Rismatique”, il est vrai qu’il s’impose en maître du monde.

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